Tuesday, October 14, 2008
Samuel Beckett
Je me mis à jouer avec les cris un peu comme j'avais joué avec la chanson, m'avançant, m'arrêtant, m'avançant, m'arrêtant, si l'on peut appeler cela jouer. Tant que je marchais je ne les entendais pas, grâce aux bruits de mes pas. Mais sitôt arrêté je les entendais à nouveau, chaque fois plus faibles certes, mais qu'est-ce que cela peut faire qu'une cri soit faible au fort? Ce qu'il faut , c'est qu'il s'arrête. Pendant des années j'ai cru qu'ils allaient s'arrêter. Maintenant je ne le crois plus. Il m'aurait fallu d'autres amours, peut-être. Mais l'amour, cela ne se commande pas.
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