Friday, February 13, 2009

Doctorow

Words--the vowels of words--are elongated in songs to such an extent that if you spoke the lines of a lyric, without its music but the vowels held as they are when they are sung, people would not wait to hear the end of your sentences. This is most particulary true of ballads and love songs, less so of novelty numbers or humerous songs, or songs that take exception to someone’s behavior. But it is possible that the appeal of a song lies partly in its deceleration of thought, a release perhaps from the normal race of the mind through its ideas and impressions. To ritually retard a thought is to dwell in its meaning, to find the pleasure of posed conflicts and their resolutions as you would not in a mere recitation of lyrics....

“If we sang most of the time, as they do in operas, our lives would resound, as legends, there would be very little room for new data and few occasions to genuinely advance the race, for each small thought, or change of direction each human ploy or representation of feeling, would be monumental.

Thursday, February 12, 2009

Shakespeare

be your heart to them as unrelenting flint to drops of rain

Wednesday, February 11, 2009

Montherlant

il lui parut qu’elle était le produit de cette sorte d’éducation où l’on vous enseigne qu’il est mal poli d’exprimer une opinion personelle, et que la règle est d’abonder toujours dans le sens de l’interlocuteur

Tuesday, February 10, 2009

Cioron

Il existe deux catégories d’esprits : ceux qui aiment le processus et ceux qui aiment le résultat; les uns s’attachent au déroulement, aux étapes aux expressions successives de la pensée ou de l’action; les autres, à l’expression finale, à l’exclusion de tout le reste. Par tempérament, j’ai toujours incliné vers ces derniers, vers un Chapfort, un Jobert, un Lichtenberg, qui vous donnent une formule sans vous révéler le chemin qui les y a conduits; soit pudeur, soit stérilité, ils n’arrivent pas à se libérer de la superstition de la concision; ils voudraient tout dire en une page, une phrase, un mot; ils y parviennent quelquefois, rarement, il faut bien le dire: le laconisme doit se résigner au silence s’il ne veut pas tomber dans la profondeur faussement énigmatique. N’empêche que lorsqu’on aime cette forme d’expression quintessenciée ou, si l’on préfère, sclérosée, il est difficile de s’en détacher et d’en aimer vraiment une autre. Celui qui a pratiqué longtemps les moralistes a du mal à comprendre Balzac; mais il peut deviner les raisons de ceux qui ont un grand faible pour lui, qui puisent dans son univers une sensation de vie, de dilation, de liberté, inconnue à l’amateur de maximes, genre mineur où se confondent perfection et asphyxie.

Monday, February 9, 2009

William Blake

Improvement makes straight, straight roads, but the crooked roads without improvement are roads of genius.

Sunday, February 8, 2009

Cioron

it is by refining our excruciations that we become conscious of ourselves

Saturday, February 7, 2009

Cioron

We must measure an individual’s value by his incapacity to be indifferent, by his refusal as a subject to tend toward the object.

Friday, February 6, 2009

Henry James

It was our friend’s eye that chiefly told his story... there was something vaguely defiant in its concessions, and something profoundly reassuring in its reserve.

Thursday, February 5, 2009

Henry James

men, among the mortally afflicted, suffer on the whole more overtly and more grossly than women, and resist with a ruder, an inferior strategy

Wednesday, February 4, 2009

Marguerite Yourcenar

Chaque homme a éternellement à choisir, au cours de sa vie brève, entre l’espoir infatigable et la sage absence d’espérance, entre les délices du chaos et celles de la stabilité, entre le Titan et l’Olympien, A choisir entre eux, ou à réussir à les accorder un jour l’un à l’autre.

Tuesday, February 3, 2009

Marguerite Yourcenar

Je tenais à ce que la plus déshéritée des créatures, l’esclave nettoyant les cloaques des villes, le barbare affamé rôdant aux frontières, eût intérêt à voir durer Rome.

Monday, February 2, 2009

Marguerite Yourcenar

Il m’importait assez peu que l’accord obtenu fut extérieur, imposé du dehors, probablement temporaire: je savais que le bien comme le mal est affaire de routine, que le temporaire se prolonge, que l’extérieur s’infiltre au dedans, et que le masque, à la longue, devient visage. Puisque la haine, la sottise, le délire ont des effets durables, je ne voyais pas pourquoi la lucidité, la justice, la bienveillance n’auraient pas les leurs. L’ordre aux frontières n’était rien si je ne persuadais pas ce fripier juif et ce charcutier grec de vivre tranquillement côte à côte.

Sunday, February 1, 2009

Marguerite Yourcenar

La grammaire, avec son mélange de règle logique et d’usage arbitraire, propose au jeune esprit un avant-goût de ce que lui offriront plus tard les sciences de la conduite humaines, le droit ou la morale, tous les systèmes où l’homme a codifié son experience instinctive.