Tuesday, November 25, 2008

Annie Leclerc

L’homme ne se concevrait-il comme sexué, sexuel, donc homme véritable, que lorsqu’il est en érection ?


Tout se passe comme si l’homme manquait d’une représentation de lui-même qui intègre de façon permanente et continue sa sexualité…


Il semble qu’il ait tout fait pour effacer, ensevelir l’image flottante et indécise de lui-même qui l’empêche de se reconnaître comme sexué, comme particulièrement homme, tant que son sexe n’est pas en activité, et n’ait pu réussir à l’oublier définitivement qu’en la recouvrant de l’exigence d’un devoir-être, où les fins à atteindre miment à un autre niveau ce qu’il perçoit de lui au moment de l’érection.


Bref, comme si l’homme, ne se sentant que brièvement sexuel, et par là incertainement sexué, s’imposait par des moyens détournés de l’être à temps complet. D’où la volonté de pratiquer un certain nombre de vertus qui paradoxalement seraient le propre de l’homme, et permettraient en retour de le définir

No comments: